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 NEMROD ± and make death proud to take us.

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▷ OCCUPATION : cela fait huit ans qu'il a ouvert sa propre boutique, il est bijoutier-joaillier au Golden Neck.
Date d'inscription : 17/11/2016
MessageSujet: NEMROD ± and make death proud to take us.   Sam 19 Nov - 20:15




Nemrod Vandekeybus
ft lee soo hyuk @ baba yaga

Remember this feeling. This is when you stop being the rabbit.



NOM & PRÉNOMS ▷  les années qui passent et les traits qui demeurent ne peuvent que rendre suspect un nom qui rôde sur terre avec toujours et encore le même représentant. Vandekeybus comme preuve de l'adoption, comme vive brûlure, clair rappel de racines inconnues. Un nom qui résonne comme une blague aux inconnus. Puis un prénom, une suite de lettres, un appel à la rébellion. Nemrod pour la fougue, pour l'agressivité d'un être qui refuse l'ordre établi. ÂGE ▷ sa peau dorée ne laisse rien transparaître des longues années déjà passées à airer sur terre. Si certains sans yeux pourraient se méprendre et ne lui donner qu'une vingtaine d'année, cela fait en réalité soixante-quinze ans que Nemrod vit. PROFESSION ▷ si la liste des métiers exercés s'est allongée entre ses vingt et soixante ans, il est aujourd'hui bien plus stable et a prit la tête de sa propre boutique de joaillerie dans le vieux carré français. Il forge et crée pour l'esthétique, pour la population lambda mais pas que... ORIENTATION SEXUELLE ▷ au contraire des sans yeux de son âge, l'homme n'est pas fermé et ses nombreux voyages lui ont même d'avantage ouvert l'esprit et apprit sur lui-même. Nemrod est bisexuel, de ceux qui trouvent refuge dans les courbes féminines et les bassins masculins. STATUT SOCIAL ▷  bien que les rumeurs lui prêtent de nombreuses conquêtes du nord au sud de la Louisiane, l’enchanteur demeure célibataire, officiellement. NATIONALITÉ & ORIGINES ▷ flou, tout est flou. De ses ancêtres à son quotidien, qui est-il et qui fut-il avant tout ce sang ? Nemrod aime à dire qu'il vient de partout, que ses voyages lui ont crée un pedigree qu'il ne possédait pas car orphelin depuis son plus jeune âge. C'est un enfant de la guerre, un enfant du conflit. RACE & PARTICULARITÉS ▷ la complexité d'un être qui ne s'est jamais senti à sa place dans ce carquois trop gentil et immaculé. La lumière fut sa maison, son refuge. Un foyer qui devint vite restrictive, incapacitante...ce n'était pas assez. Nemrod est un enchanteur de ténèbres qui fut recueilli par une famille de lumière lorsqu'il était enfant. CAMP ▷ les ténèbres, il est la lame de Matthias et la pince qui retire les informations de la gorge des victimes une par une.



01. son passé de soldat lui a gravé des cicatrices tout le long du dos et des flancs. Certaines se sont résorbées grâce à certains rituels de guérison tandis qu'il en garda quelques unes pour se rappeler ce qu'il a fait, ce qu'on lui a fait.  02. nemrod s'est marié quatre fois, toute ont connu une fin tragique. Fut un temps il se cru maudit, maintenant il en ri plus qu'autre chose. 03. très habile de ses doigts, l'enchanteur joue du violoncelle depuis ses cinquante ans. Pratiquer d'un instrument lui permet de se vider la tête et organiser ses esprits. 04. lorsqu'il était jeune, une adolescente de l'orphelinat s'amusait à raconter que les grains de beauté sur le corps des gens n'étaient rien d'autre que des étoiles piégés sous la peau à la naissance de l'enfant. Aujourd'hui encore cette petite histoire résonne en Nemrod et il ne peut s'empêcher de sourire dès qu'il croise ou rencontre quelqu'un tâché de toute part.  05. avec les années l'homme a su apprendre à maîtriser son corps, ses réactions, la moindre expression de son visage. si vous ne devez rien voir, vous ne verrez rien et si par malheur vous apercevez un signe de faiblesse...c'est certainement une vieille farce. 06. nemrod est ce qu'on appelle un peacky eater, il fait attention à tout ce qu'il mange et est très...très...très difficile en matière de nourriture. Une caractéristique que les années n'arrangent pas. Trop gras et son sourcil se soulève d'un air outré, trop sec et c'est un ton moqueur qui s'élève...ses talents de cuisinier n'égalent que la difficulté à le satisfaire. 07. sans la magie vaudou il ne serait plus capable de marcher depuis le dix janviers 1996 08. les quelques années passées à enseigner la civilisation égyptienne dans une université française lui semblent aujourd'hui comme une parenthèse floue de sa vie. 09. il n'est jamais allé consulté un médecin de lui-même. Il ne leur fait pas confiance et sait parfaitement comment se soigner. Eux, avec leurs études interminables et le bizutage franchement limite ne doivent pas être bien plus sain que lui. 10. depuis son arrivée en Nouvelle-Orléans il possède un chat, un bengal black silver nommé Olive. C'est ce dans quoi il a retrouvé la petite boule de poil d'à peine quelques semaines, un pot en verre rempli de noyaux d'olives. Il l'a recueilli et veille depuis sur le petit animal de six mois. 11. l'homme prend des photos de tout ce qu'il ne veut pas oublier, en approximativement deux cent ans d'existence, il veut pouvoir se rappeler des moments les plus précieux 12. il est arrivé à la solde de Matthias lorsque ce-dernier a réapparu en Nouvelle-Orléans le soir d'Halloween, son discours arriva jusqu'aux oreilles de l'enchanteur solitaire et nemrod n'hésita pas une seconde avant de se présenter à lui et proposer ses services. 13. aujourd'hui il est d'ailleurs l'un de ses interrogateur et bourreau les plus efficace. 14.  il a le sommeil très léger et est souvent emprunt aux insomnies. Dans ces moments là il se revisionne des films Disney comme Le Roi Lion avec un bol de céréale, c'est un grand enfant dans l'âme et ça personne n'en a jamais rien su. 15. nemrod aime marcher pieds nus 16. il lui arrive de porter des lunettes lorsque la fatigue prend le pas sur son corps et que les mots deviennent donc plus difficiles à lire.







PSEUDO/PRÉNOM ▷ baba yaga, vous pouvez aussi m'appeler Julie.  ÂGE ▷ vingt ans tout rond  FRÉQUENCE DE CONNEXION ▷ quotidiennement, au vu de mon emploi du temps mais comme je suis irresponsable je vais certainement faire passer le forum avant tout. Voilà voilà.  INVENTE/SCÉNARIO/POSTE-VACANT ▷ inventé, je crois.  CRÉDITS ▷ tumblr pour les gifsCOMMENTAIRE ▷ alouette gentille alouette, alouette je te plumerais.




Dernière édition par Nemrod Vandekeybus le Mar 6 Déc - 17:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NEMROD ± and make death proud to take us.   Dim 4 Déc - 0:26


Monsters aren't born.
± ± ±



SOKCHO - fœtus
L'air est lourd, rempli d'inquiétudes. Des inquiétudes qui remplissent le quotidien depuis quelques temps déjà. Un an, deux ans, un peu plus...les jours se mêlent et la peur de demain efface bien trop la limite du temps. L'air est encore un peu plus lourd ce matin. Il étouffe presque les plantes qui tiennent debout par miracle, sans soins, sans attention. Parce que prendre soin de son jardinet n'est pas une priorité en temps de guerre. C'est la guerre. Sur le front, dans les rues, dans la tête, dans les peurs, dans l'assiette, dans son lit. C'est la guerre partout et le sang répondu n'annonce que le malheur. Enfant qui né dans le sang n'en demeurera jamais loin. Il était maudit dès la naissance, le bébé dont on ne sait pas qui est le père. Seule elle le sait. Elle qui se réveille l'âme en peine et le ventre vide. Sa condition de femme ne lui permet pas de se protéger du vif des combats. Son mari est parti, il y a longtemps, au début. Il a été appelé. Appelé à la guerre. Il est mort, peut-être. Puis il y a eu ce soldat, qui est parti aussi. Juste de passage. Le voisin, trop amoché par la vie pour pouvoir se battre. De la pitié. Du désespoir. Il s'est étouffé avec un morceau de viande quelques semaines après. Est-ce qu'elle est maudite ? Peut-être. Sûrement. Parce qu'il y a eu un autre soldat. Encore de passage. L'amour. Le vrai, mais fugace. Celui qui n'a pas sa place quand on risque sa vie tout les jours. Il est reparti. Il n'a plus donné de nouvelles. Et là, dans cette chambre au premier étage du restaurant familiale, il y a ce ventre qui s'arrondit, qui grossit. Elle s'est demandé, plusieurs fois. La question. Le garder ? Le tuer ? Lui offrir une chance ? L'épargner de la cruauté de ce monde ? Puis l'incapacité de passer à l'acte. Et le voilà, qui grandit, qui s'impose dans sa vie à elle. Les récits des combats. Le bruit des exécutions. La peur. La crainte. Le sang. Est-ce que c'est vrai ? Qu'un enfant qui né dans le sang, reste dans le sang ?

HANOÏ - cinq ans
Son ventre gargouille douloureusement, bruyamment. Il n'a pas mangé aujourd'hui, peut-être demain. Nemrod est patient. Il attendra. Il a préféré donner sa part à Anh Minh. Le petit en avait plus besoin, il venait d'arriver. Cinq ans aussi, comme Nemrod. Mais lui ça faisait un an qu'il était dans la rue, avant d'être récupérer par l'orphelinat...un an...Nemrod n'est pas capable de se rappeler combien de temps il y a été lui. Deux mois, trois tout au plus. Les services l'ont vite remarqué. Il était pas d'ici, c'était bizarre, ça cachait quelque chose. Les suspicions de la guerre restaient encore gravés dans le quotidien de tout homme. Alors, ici, dans la capitale du Viêt Nam, un p'tit coréen, c'était trop louche pour le laisser dehors. Un bébé, un nourrisson. On lui a raconté qu'on avait retrouvé que lui. Pas de maman. Pas de papa. Rien du tout. Pas de prénom. On lui en avait troubé un, au pif, en ouvrant la bible au hasard. Nemrod. Le grand Nemrod, fondateur de Babel, l'éternelle. Ainsi son sort était jeté. Né dans le sang, nommé d'après un tyran, pourrissant dans un lieu d'où les enfants ne sortent qu'à quatorze ans, quand ils sont assez grands pour travailler tout seul. Une vie de dur labeur, dans la sueur, dans la sous-nutrition...Est-ce pour cela qu'il était né ? La misère ? L'oubli...

BRISTOL- sept ans
C'est étrange et nouveau. Il ne sait pas comment agir, comment se tenir. Il ne comprend pas tout ce qu'ils disent, eux, devant. Le train se faufile le long des paysages inconnus. l'Angle de terre, ou quelque chose comme ça. Du vert, de l'eau, de l'humidité, des nuages. C'est bizarre ici, Nemrod, il a pas trop envie d'être là. D'un sens il aurait préféré rester là-bas, à Hanoï. Mais ils sont venus, leurs noms ont été oubliés pendant le trajet. Papa ? Maman ? Peut-être, un jour peut-être. Mais pas maintenant. Nemrod peut pas, il veut pas. Il ne sait même pas à quoi il doit se préparer. L'inconnu total, ça le panique, ça le paralyse. L'adoption ça veut dire quoi ? Qu'il va devoir vivre avec eux ? Jusqu'à quand ? Est-ce qu'il pourra retourner voir Anh Minh demain ? Ou dimanche ? Un jour ? Non...il le sait, à l'intérieur, que tout ce qu'il a connu, il ne le retrouvera jamais. Ca le rend triste, parce qu'il s'était habitué. A avoir faim, a voir mal aux mains à force de se battre avec les chiens dans la rue. Nemrod s'était même habitué aux surnoms désobligeants de certains autres orphelins. Il arrivait parfois à leur trouver des excuses. Mais lui aussi il en aurait plein si il s'y mettait. Alors il arrêtait et se contentait d'attendre que ça passe. Et ça passait toujours. Peut-être qu'un jour le vide passera aussi et qu'il tiendra à la madame et au monsieur en face de lui. Ils sont jeunes, enfin pas trop, mais pas vieux. Ils discutent dans une langue que l'enfant ne comprend pas bien, pas encore. Ils ont l'air gentils. Peu importe. Non, vraiment. Peu importe. Un jour, il y retournerait. A la maison.

La clé de la demeure tourne dans la serrure et déjà Nemrod entend des bruits de pattes accourir vers la porte en bois peins blanc. Un chien. Non. Pas un chien, pas encore. L'enfant sert les poings d'anticipation, il les sert fort. Monsieur papa le remarque et enveloppe les poings de l'enfant de ses phalanges. Sa voix est douce, rassurante. Nemrod ne comprend pas tout, mais il capte. Il se détend et Madame maman ouvre la porte. La silhouette du chien se dessine sur le palier. Nemrod recule de deux pas lorsque la bête s'approche, son pelage blanc tacheté de noir lui est inconnu. Encore l'inconnu, toujours l'inconnu. Ca l'effraie. La bête s'approche et colle son museau au torse de l'enfant qui laisse échapper un gémissement de peur. Madame maman rigole en reprenant le chien par le collier. Comment ça c'est drôle ? Nemrod ne rit pas, il a peur. Les chiens lui ont toujours fait mal alors pourquoi lui ne lui en ferait pas ?! La question est vite recalée lorsque d'autres bruits de pas déboulent dans l'escalier. Nemrod se recroqueville un peu. Qui ? Qui est là ? Monsieur papa le pousse doucement à l'intérieur et referme la porte derrière le groupe. Nemrod se sent emprisonné, captif. Mal à l'aise. Il déglutit lorsque l'autre silhouette d'un enfant apparaît devant lui. Non. Pas un enfant. Un garçon, plus âgé. Sa beau est similaire au charbon et ses yeux sont malicieux. Il sourit, des dents blanches et dit quelque chose. Mais Nemrod ne comprend pas et reste silencieux. Si, il a comprit quelque chose. Le garçon s'appelle Tshela.

BRISTOL - seize-ans
C'est bientôt l'heure, il le sait, les chiffres se sont stoppés sur son poignet. 000. C'est ce soir et Nemrod est prêt. Dane, papa, et Robby, maman, l'ont rassurés. Ils lui ont dit que peu importait le choix de la lune, il serait toujours et à jamais leur fils. Mais ils ne comprennent pas à quel point ils sont naïfs. Nemrod ne fut jamais leur fils et lui en a bien conscience. Des papiers d'adoptions ne changent pas le sang d'un être et l'orphelin le sait, il le sent, que ce soir tout va changer. Comme ce fameux jour où il surprit Robby allumer le four sans rien faire d'autre que de prononcer trois mots qu'il a fini par oublier. Il se souvient la panique de sa mère, l'empressement du père à tout expliquer. Maladroitement. Mais ce jour-là, Nemrod apprit pour la magie, les enchanteurs. Et Tshela. La nuit où Tshela est parti pour l'appel, Nemrod l'a suivi du regard jusqu'à ce que dernier lui serve un doigt d'honneur à l'orée de la forêt, avant de disparaître. Nemrod était resté là, à la fenêtre, à observer, à attendre. Lumière. Ténèbre. Son frère serait-il accueilli en jeune prodige dans le foyer ou en jeune monstre perdu devant être sauvé des griffes du mal ? Dane et Robby étaient des êtres de lumière...ils savaient déjà pour le sang de Tshela, ils savaient que son père n'était qu'un incube, une créature de l'ombre, un monstre. Nemrod en est encore aujourd'hui persuadé, qu'ils se sont donné pour mission de sauver le garçon. L'empêcher de goûter au sang pour ne pas sombrer en engeance. De bons samaritains. Des gens biens. Des gens d'honneurs....des faibles.

Nemrod enfile un gilet en grosse maille grise, ses baskets et attrape ses clés. Il se tourne vers le salon, ouvert sur l'entrée. Robby est assise à table, une tasse de thé entre les mains. Elle l'attendra. Son sourire est réconfortant, un brin trop maternel pour quelqu'un qu'elle n'a pas mit au monde. Une rancœur incompréhensible étouffe légèrement le jeune Vandekeybus qui pose la main sur la poignet et sort de la demeure. Le gravier sous ses pieds accompagne sa marche et alors qu'il aperçoit l'orée de la forêt devant lui, il se retourne. Tshela est à la fenêtre de sa chambre, un vieux sourire satisfait scotché aux lèvres. Il a changé, depuis son appel. Les ombres l'ont emparés et tandis qu'il accepte l'aide de leurs parents adoptifs, il ne cache pas ses origines de...de monstre. Le regards des deux hommes se croise et Tshela brandi un vieux doigt d'honneur qui fait sourire Nemrod. Ce-dernier lui rétorque un "va te faire foutre" du bout des lèvres. Le concerné éclate de rire et Nemrod reprend sa marche. Qu'importe ce qui arrive ce soir, Tshela sera là. Les ténèbres l'ont rendu cruellement honnête.

L'herbe se fait plus éparse et les rayons de la lune se remettent à toucher terre. La forêt semble immense, mais c'est juste que Nemrod n'y a jamais réellement foutu les pieds, et n'est pas le plus adepte du sport. Donc forcément pour lui ça semble immense, alors que c'est pas fameux. Il ne sait pas trop quand la lune le submergera pour lui assigner sa lumière. Et alors que l'adolescent regarde derrière lui pour essayer de se remêmorer le chemin du retour, un poids immense contracte sa cage thoracique. Un cri de surprise lui échappe et il recule sous le choc. Ses doigts crispés s'agrippent à l'écorce d'un arbre tout proche. Sa respiration est compliquée, il force, il siffle, il cogne le bois. Ça fait mal. Bordel que ça cesse. L'appelé ouvre la bouche grande pour pouvoir aspirer le maximum d'air tandis que son regard est attiré inexorablement vers le ciel. Il la voit. La lune. Sa lumière le frappe, le cogne. Ses genoux cèdent tandis que l'air est difficile à trouver. La lune. Encore. si belle. Si tranchante. Ses rayons hurlent, ils crissent, raflent la peau dorée de l'orphelin. Son sang bouillonne. C'est trop, trop d'informations. L'air ne vient toujours pas. Son poignet brûle et tandis que ses genoux s'éclatent contre la pierre du sol, sa vision devient flou. Puis tout est noir. Le noir complet.

BORDEAUX - vingt-cinq ans
Le soleil taquine l'horizon, signe que bientôt il tirera sa révérence. Nemrod regarde l'orbe chaude, cuisante, il inspire l'air bordelais. Cela ne fait pas longtemps qu'il est là, dans cette ville, dans cette région, dans ce pays. La France n'a jamais titillé son intérêt. Jusqu'à récemment, jusqu'à ce que l'Angleterre ne devienne trop petite, trop étouffante. Tout y était trop beau et rien ne répondait à ses questions. Son appel lui avait valu d'être accueilli en martyr. L'enfant dont on ne sait rien, qui doit être sauvé à son tour. Robby s'était mise à le regarder comme une âme en peine, comme si il était malade uniquement parce que il n'était pas revenu choisi par la lumière. Quel manque de discernement, d'ouverture d'esprit. Les ombres l'ont accueilli comme l'un des leurs, comme si sa place avait toujours été du côté des égoïstes, de ceux qui veulent que le monde tourne comme eux le désir. Il n'a jamais eu le choix. Que ce soit sa naissance, son enfance, son adoption, rien. Jamais. Là, il peux choisir de faire comme bon lui semble, sans se soucier de l'autre. Et ça lui fait du bien, de se mettre en avant, de ne pas rechigner face à ses parties d'ombres. Nemrod n'es pas quelqu'un de mauvais, pas encore. C'est juste un petit con.

C'est la fin de l'année et le temps court, bientôt il devra passer devant un jury pour sa soutenance. Le temps à passé depuis son Appel, et il s'est affranchi. Partir. Quitter ce continent qui ne lui a jamais fait de bien pour rejoindre un lieu de culture. Nemrod, il veut apprendre, il veut savoir. D'abord une licence en histoire, puis un master en recherche et voilà que sa thèse sur la statuaire égyptienne était retenue pour figurer dans le prochain numéro d'une revue lue par un nombre incompréhensible de personnes. Nemrod ne pensait pas, il ne pouvait pas imaginer que partir lui offrirait tant. La magie n'était pas présente dans son quotidien, il avait quitté ce monde qui ne lui avait de toute façon jamais rien donné. C'était un homme comme les autres, sauf qu'il vivrait plus longtemps. Sauf qu'un jour, peut-être, ferait-il une grosse bêtise.

LONDRES - trente ans
Voilà qu'il était de retour sur ce continent qu'il avait fuit il y a de cela plus de dix ans. Robby et Dane n'avaient pas cherché à le retrouver, à le contacter. Il était le martyr en fuite, celui qui avait rejeté toute aide. Le seul regret de Nemrod, c'était Tshelah. Il était parti sans rien dire à personne, sans le confier à son frère adoptif. Mais partager un foyer, les ténèbres, la noirceur, la haine d'un monde qui rejetait leurs instinct primaires, ça les avait rapproché plus que de raison. Le même cœur faisait battre leurs corps. Celui de frères. Mais Nemrod était partie, sans rien dire, sans faire un bruit. Et Tshelah avait disparu de sa vie. En revenant ici, sur cette terre, il espérait presque le voir surgir de derrière un banc en le traitant de tout les noms pour être parti comme ça. Mais les bancs, chaises et tables restaient immobiles, silencieuses. Tshelah n'était plus là.

La main logée au creux de celle de Nemrod le ramena à la réalité. L'asiatique tourna la tête vers sa femme et lui adressa un clin d'oeil. Sa femme. Cela faisait bien étrange de dire ça. Jamais ne se serait-il cru marié et heureux. Lui qui aimait tant changer de partenaire au grès de ses envies, voilà que Cassandre s'était imposée dans sa vie. Elle était plus jeune, elle était française et ils s'étaient rencontré à la faculté. Une drôle de rencontre, elle était en première année de master, et lui donnait des cours pour pouvoir mettre du beurre dans les épinards. Être un grand méchant loup, ça ne fait pas rentrer l'argent plus vite. Ils s'étaient croisés à la cafétéria, puis en cours, puis pour de l'aide à son suivi de mémoire, puis juste pour manger un truc après les cours. Aujourd'hui, Nemrod et Cassandra se retrouvaient fraîchement mariés. La bague encore brillante aux doigts. Leur différence d'âge n'étant visible que sur le papier, personne n'avait jamais rien eu à redire quant à leur relation et cela valait mieux pour eux.
Retourner vivre en Angleterre n'avait pas été un désir cher à l'enchanteur, mais les étoiles dans les yeux de sa dulcinée eurent tôt fait de le faire céder. Et voilà qu'ils posaient leurs valises sur le plancher de leur appartement. Leur maison, leur foyer.

BATH - trente-et-un ans
Ca devenait de plus en plus compliqué, de cacher sa magie. Parfois il se réveillait en pleine nuit, se levait pour boire un verre d'eau et se rendait compte avec horreur que le corps de Cassandre faisait exactement la même chose, sauf qu'elle dormait. Son corps imitait chacun des gestes de son époux, au micro-mouvement prêt. Et quand le charme se rompait, son corps s'effondrait et elle se réveillait en sursaut. Nemrod avait fini par lui faire croire qu'elle était somnambule. Pour le moment, ça convenait. D'autres fois, son boss l'ennuyait grandement et la colère le submergeait, alors il s'emparait d'un torchon et l'envoyait valser contre un mur. Le choc se lisait encore dans ses yeux, quand le corps du dit patron se tordait après avoir reçu un coup invisible. Parfois il se blessait lui même, sans vraiment comprendre comment il faisait. Nemrod le sentait, qu'il perdait le contrôle. Ca l'effrayait. Il ne voulait pas devenir mauvais, il ne voulait pas que le fléau s'abatte sur son quotidien. Lui qui avait lutté depuis son Appel pour ne pas donner raison à Robby et Dane, pour ne pas donner raison à Tshelah...peut-être que tout partait de travers, peut-être que, oui, un jour où l'autre, il perdrait le contrôle.

LONDRES - trente-sept ans
Les cris le font se réveiller en sursaut. Nemrod repsire rapidement, trop rapidement. Il essaie de se calmer, en vain. Un cauchemar, encore. C'est toujours les même, ils ne changent jamais. Les cris, les corps, le sang, les armes à feu. Il a tué. Une fois. Deux fois. Trois fois. Plus. Encore. Intégrer l'armée fut sa pire décision. Il y perdit le contrôle. Une fois. Deux fois. Plus. Encore. Il a comprit, il a comprit que Dane et Robby avaient raison. Que la lune ne s'était pas trompé, qu'au fond de lui il n'y avait que de la cruauté, qu'une intelligence de la douleur et de la cruauté. Là-bas, au Vietnam, il a tué.  Il a décimé des bataillons entiers, juste avec sa tête, juste avec son pouvoir. Il avait manipulé les corps, il les avait fait tirer. Des suicides par procuration. Nemrod était mort tout autant de fois qu'il avait tué car pour cela il avait du mimer, il avait du agir sans vraiment le faire. La magie, cette chose horrible dans son sang, ça avait bouillonné, ça l'avait propulsé à un grade plus élevé. Et là, debout, les mains posées sur la porcelaine du lavabo de son appartement...ses yeux ne voyaient rien d'autre qu'un monstre. Tshelah avait raison, ils étaient frères de bien plus de manière qu'ils ne le pensaient. Il fait nuit noir, Cassandre dort, elle dort beaucoup. Les bleus sur son corps sont de ses poings silencieux, ceux dans sa tête. Il ne contrôle pas ses songes, il ne contrôle pas ta puissance. Il ne connais personne qui pourrait l'aider, il est tout seul. Jetant un vif regard à l'horloge, l'enchanteur désarçonné prend sa veste, l'enfile, et ouvre la porte menant au balcon. Mais l'homme se fige. Face à lui se trouve une silhouette, inconnue, ses longs cheveux noirs tombent sur ses hanches. C'est une femme, mais Nemrod ne la connait pas. Enfin, si, peut-être. Il a rêvé d'elle, mais cela n'expliquait en rien sa présence sur ce balcon. L'enchanteresse se retourna et regarda l'homme face à elle. Elle se mit à parler. Parler de magie, de sang, de vaudou, de lignée, d'inéluctable. Nemrod ne comprit pas. elle lui proposa de l'aider, de le guider. Et là, sur ce balcon à trois heure du matin, il accepta.

SARAJEVO - cinquante-cinq ans
Le son des balles résonne dans la rue. Ils sont cachés, tous. Dans les immeubles, les bureaux, derrière les vitres et les fenêtres. Il est allongé là, sur le sol poussiéreux, et il ne bouge plus. Ses yeux sont fixes, il bat des paupières de temps en temps. De moins en moins souvent. C'est bientôt la fin, il le sait. Les rôles ont déjà été inversé trop de fois pour que Nemrod ne se fasse des illusions. Ces balles dans son corps, elles ne partiront plus. Il ne connait aucun sorts pour contrer ça, il n'est pas assez puissant pour défier la mort. Il va mourir. Il se sent mourir. C'est rageant, c'est énervant. Nemrod veut vivre. Il ne sait pas trop où les balles sont rentrées. Il s'est effondré, son escouade à ses côtés. Mais qu'a-t-il bien pu trouver de bon dans l'idée de repartir à la guerre ? D'abord le Viet Nam puis Sarajevo. Quel sombre idiot. Si il y avait la moindre chance qu'il s'en sorte, plus jamais il ne repartirait à la guerre. Mais il ne s'en sortira pas. Il se perd entre hallucinations, fièvre et tremblements terrifiés. Ca fait peur la mort. Il ne s'était jamais fait touché, jusqu'à présent. Quand il a rejoint la Nouvelle-Orléans, il s'est cru invincible, jeune disciple d'une femme bourrée de talents qui allait lui transmettre les règles de l'éternité, du pouvoir absolu. Nemrod voulait diriger, il voulait régner, soumettre les gens à sa volonté. Il voulait être puissant, il ne voulait plus craindre quoi que ce soit. Et maintenant, tout ce qui lui reste, c'est la terreur de mourir. Seul. Entre deux immeubles d'une ville assiégée.

NOUVELLE-ORLEANS - soixante-douze ans
Ça avait été dur la première fois, d'abattre la lame. C'est une chose de tirer sur un ennemi, s'en est une autre de trancher la gorge d'un homme apeuré. Nemrod glisse ses longs doigts dorées sur la plaie béante, les cordes vocales ont cessés de trembler sous les cris étouffés par son autre main. L'enchanteur teinte ses doigts de rouge, il allonge le cadavre encore chaud sur le sol de la cave. La boutique est vide à cette heure-ci, il est bien trop tôt pour que qui que ce soit n'est l'idée d'aller acheter un bijou ou une montre. Nemrod est tranquille. Le silence résonne dans la pièce. Il se redresse, fait quelques pas en direction du mur où est accroché un grand miroir. Observant son geste, il vient dessiner deux lignes parallèles de part et d'autre de son nez, partant du haut de son front, passant sur ses paupières, s'arrêtant à la naissance de son cou. Il saisit tour à tour huit bougies d'un blanc contrasté à l'obscurité du lieu qu'il vient placer tout autour de sa victime. déchirant la chemise ridicule de l'homme, l'enchanteur étale des branches de lavande le long de son abdomen jusqu'à son bas ventre. Nemrod doit faire vite, vite avant que l'énergie ne soit partie. Se munissant du même couteau utilisé quelques secondes auparavant pour trancher la gorge du vieux bougre, il pose une main le long de ses lombaires et tient le couteau de l'eau. Inspirant un grand bol d'air humide, il se remémore les même paroles qu'il prononce tout les soirs. Et lorsque les mots sont dits, avant que le silence ne retombe, il enfonce la lame dans l'abdomen de sa victime. Les os de la colonne accueillent la lame tandis que Nemrod ouvre la bouche en inspirant bruyamment la vie contenue férocement dans le corps refroidissant. L'homme sent la magie entrer dans ses bronches, il ferme les yeux, sa tête basculant en arrière sous l'effet de l'absorption. Ses jambes le chatouille, le démange. C'est la vie qui revient. L'opération ne dure pas plus d'une minute. Lorsque Nemrod retire la lame du corps, c'est le silence qui retombe. " Merveilleux. " la voix qui s'élève dans le dos de Nemrod le fait sursauter et se relever d'un geste. L'asiatique se retourne, l'esprit tendu, prêt à attaquer qui que ce soit qui soit descendu jusqu'ici. La silhouette dans l'ombre apparaît dans la lueur vacillante des bougies. Matthias. Le catalyste. Le danger nouveau à l'état pur. Nemrod le reconnait, il ne se détend pas pour autant. Qu'est-ce que le nouveau visage du mal pouvait bien venir faire dans la cave du Golden Neck ? Le visage du vieil enchanteur est illuminé d'un sourire émerveillé dès plus suspect. " Tu es debout. C'est absolument merveilleux. " dit-il en s'approchant encore, examinant l'enchanteur de toute sa hauteur. Les deux hommes sont grands, leur échange non réciproque prend l'allure d'une rencontre de deux colosses aux pieds couverts d'échardes. " Nayära m'a beaucoup parlé de toi. " rajoute le catalyste en tournant son visage vers l'arrière comme pour signifier la formatrice de Nemrod. Nayära...c'était elle qui lui avait apprit le sort pour qu'il puisse continuer à marcher après la débâcle de Sarajevo. Aux yeux de tous, Nemrod était tout sauf un infirme. Seul lui et Nayära étaient au courant de ce qu'il devait faire pour parvenir à rester debout. Nemrod reste silencieux. " La discrétion a toujours été une qualité que je recherche chez mes collaborateurs. " Matthias pose son regard dans celui de Nemrod. " Que faites-vous ici Matthias ? " un sourire carnassier apparaît sur le visage du concerné. " Excellente question. Rejoins mes rangs Nemrod. Tu n'auras plus à craindre d'être interrompu dans tes séances nocturnes. Tu n'auras plus à cacher ton pouvoir. Tu seras puissant. " Nemrod ne bouge pas, il écoute. Ses sourcils se froncent. " Mais encore ? " Matthias s'approche encore un peu plus de l'homme aux nuances dorées, sa voix devient chuchotement près de l'oreille. " Tu n'auras plus à craindre la mort. " Nemrod inspire profondément. Matthias sent qu'il gagne du terrain, qu'il a presque convaincu son interlocuteur peu bavard. " Ce que je cherche te rendra tes jambes, de vraies jambes. Pas celles que tu réanimes tout les soirs. " Nemrod ferme les yeux un court instant. " Entendu. " Un rire délicat mais dangereux s'élève alors contre lui. Le catalyste se recule, approuve d'un signe infime du menton et se retourne, prenant la direction des escaliers, de la sortie. " Encore une petite chose si tu me permets " Il se retourne à peine, il sait que Nemrod l'écoute. " Évite les salons de tatouage à l'avenir, je n'aime pas trop quand mes hommes sont soumis à des distractions de ce type. " et disparaît dans l'obscurité.  

± ± ±

Ses yeux scrutent au travers de la vitrine du Golden Neck. L'air léger de la boutique contraste avec la nature de son propriétaire. Les étagères en bois sombre sont recouverts de présentoirs et de vitrines. Des colliers, des parures, des bagues, des bracelets, des boucles d'oreilles, des bijoux pour cheveux et chevilles. Tout avait été fait des mains du Vandekeybus, il travaille l'or et fasconne l'argent au grès de son imagination et de ses commandes. La boutique marche bien, elle a toujours marché. Le quartier y joue pour beaucoup, l'homme ayant réussi à s'auto-proclamer meilleur bijoutier de Nola.
Accoudé au comptoir de la boutique, l'homme observe droit devant, sa vision experte lui permet de déceler les mouvements de l'autre côté de la rue. Il repère la chevelure enflammée, le visage rond et l'allure assumée. Il n'est jamais lassé de la regarder. En a-t-elle seulement conscience ? Que là, de l'autre côté de la rue, le monstre admire la belle. Les ténèbres s'approchent de la lumière pour pouvoir en sentir les beautés. Nemrod a un sourire en coin. Elle lui appartiendra, un jour ou l'autre. D'une manière ou d'une autre. C'est une volonté basse, le désir de lui prouver que ses ténèbres sont capables de tout, que sa lumière à elle n'est qu'une illusion. Elle qui se berne dans ses attitudes de femme forte et sauvage, elle qui n'a jamais vu l'état des corps qu'il laisse derrière lui, elle qui n'a jamais senti ses mains sur le sien. Elle est énervante, elle est dangereuse. Nemrod sait en qui va sa loyauté, il sait qui suivre, et Matthias serait tout sauf heureux d'apprendre ô combien son homme se perd à imaginer l'odeur que transporte ses cheveux en pleine nuit, en plein rituel. A quoi ressemble-t-elle sous sa forme animale ? Qui est réellement Nashandrä Ledottir ? Un jour, il saura. Un jour, il se perdra et ce jour-là il n'y aura vraiment plus rien pour sauver le marionnettiste du catalyste.





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NEMROD ± and make death proud to take us.

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